un autre ange de trop trisomie 18

un autre ange de trop trisomie 18

Messagepar un ange est né » Ven 08 Juin 2012, 20:06

Confession d’une maman
Une nouvelle grossesse, j’ai déjà un beau petit garçon qui pète le feu, il est en pleine santé, il bouge, il rit, il nous fait rire, bref c’est notre rayon de soleil. Nous allons maintenant agrandir notre belle famille, une nouvelle grossesse! Contrairement à notre petit gars, nous avons entendu le petit cœur dès le premier rendez-vous, nous sommes au septième ciel! Le cauchemar débute une semaine plus tard, presque 12 semaines de grossesse de fait, c’est le temps d’aller faire le préna-test, on est super heureux, on va voir notre petite crevette durant cette échographie pour la première fois. Il ou elle est tout petit, le médecin a de la difficulté à prendre ses mesures et quelques points l’inquiète; le petit cœur a un petit problème mais rien d’inquiétant et la clarté nucal est un peu trop élevée. On reste positif malgré tout, il est si petit, le doc a pu se tromper dans ses mesures et le cœur, on nous a dit que ce n’est rien de très grave.

Une semaine plus tard, la secrétaire de Biron appel, très beau résultat à faible risque! Ça veut dire quoi sa exactement? Aucune idée mais on reste positif après tout un a eu un beau garçon en santé, on a rien changé, tout va bien aller! Encore une semaine plus tard, la secrétaire de notre doc appel, elle veut me voir le lendemain, stress, inquiétude, c’est jamais bon signe quand un doc veut vous voir le plus rapidement possible, est-ce mes prises de sang, le préna-test, c’est quoi le problème?

Le lendemain elle nous apprend qu’on a un risque élevé de trisomie 18, ouch…. Il faut prendre un rendez-vous à Ste-Justine pour faire plus de test. Entre temps bien évidemment, il faut faire des recherches, c’est quoi cette fameuse trisomie? Réponse dévastatrice; malformation, fausse couche, bébé mort née ou mort avant l’âge de 6 mois… Wow, ça commence à être dur d’être positif, mais on garde espoir, après tout pourquoi ça nous arriverais? Deux semaines plus tard, enfin on va à Ste-Justine, on va enfin en avoir le cœur net, on veut des bonnes nouvelles. Déception, rien de bon, après un écho de presque une heure le technicien sort chercher un autre doc qui continue l’écho, pas bon signe si le technicien va chercher un doc. Bref, il fait son long verdict; les reins et les intestins sont pas correct, le cœur est sous formé, le cerveau il a des kist et il manque des liens entre les deux hémisphère et il n’ouvre pas ses mains. Je crois que c’est tout, juste ça! Et le gentil technicien nous donne des belles photos de cette merveilleuse échographie, je n’ai même pas envie de les regarder… c’est mon bébé, je le sens bougé, je l’ai vu bouger, ça ne peut pas être vrai…

On garde un très faible espoir, on va faire l’amiosynthèse, il vont me transpercer d’une aiguille pour aller chercher du liquide amiotique pour faire des tests génétique, avec ça, on va être certain. Avant ça je dois retourner voir une madame qui va tout m’expliquer, elle me parle d’avortement, d’analyser par la suite le corp, merde c’est vraiment trop dur, je ne veux pas penser à sa moi, je veux garder espoir pas parler de mort… Ils m’installent, je pleure déjà, pas à cause de l’aiguille qui me fou la chienne, parce que je vois mon petit trésor sur le moniteur, je ne peux le regarder, c’est trop dur, c’est mon amour qui ne le sera peut-être jamais… Il font la piqure, mal intense mais je m’en fou, j’ai mal à l’intérieur à l’idée que ce petit là ne soit jamais….

Le lendemain, vendredi, l’appel fatidique, juste avant le souper une dame appel de Ste-Justine : «Les résultats confirme nos doutes». C’est donc une trisomie, je n’ose rien demander de plus, on va attendre à lundi pour entrer en contact avec notre doc pour les supers procédures… Dur fin de semaine, je pleure toute les larmes de mon corps mon chum ne sais que faire, que dire… Lundi arrive, j’appelle mon doc pour savoir c quoi qu’on fait maintenant, il faut prendre rendez-vous pour l’intervention, l’avortement, le crime, le meurtre appelez sa comme vous voulez. Les démarches sont débutées, il reste à prendre rendez-vous.

Le lendemain, mardi à 11heure, le téléphone sonne, pouvez-vous rencontrer la gynécologue à 12 h30, ils vont peut-être vous faire l’intervention aujourd’hui s’ils ont de la place. Ouch, vite de même là là là… Prend une douche, dîne du mieux que je peux, va porter le plus vieu à belle maman, on décolle pour l’hôpital.
Rencontre de la gynéco, elle nous demande ce qu’on veut faire si on est prêt à débuter le processus. Comment voulez-vous qu’on soit prêt, on ne le sera jamais, mais il faut le faire quand même. On décide de rester pour débuter le tout. On monte à l’aile des accouchements, souvenir confus et ambigu, on a eu notre petit gars ici, on moment merveilleux et maintenant on s’apprête à tuer notre deuxième enfant à la même place, deux chambre plus loin… au moins, il n’y a personne d’autre à date.

On nous explique la façon de procéder, ils vont me donner un médicament par voie vaginal qui va provoquer l’accouchement. On me pique ici pour ça, là pour ceci et ainsi de suite. Une infirmière vient nous jaser, répondre à nos question, nous proposer des choses qu’on est pas prêt à entendre; «voulez-vous prendre votre enfant à sa naissance ou après, on va le garder tout le long de votre séjour, vous pourrez le voir quand vous voulez et le prendre, voulez-vous le faire bénir, avez-vous un nom» et nous difficile question, «qu’allez-vous faire avec l’enfant après…» au fait entre temps on a su que c’est un garçon, Le pire c’est qu’on est peut-être là pour un tit bout, le médicament prend de 12 à 72 heure à faire effet… c’est long ça, c’est trois jours…. Ils nous offre aussi une petite boîte souvenir avec photo et autre. On n’est pas prêt pour tout sa, c’est trop dur…

Je commence à avoir des petites crampe, je me dis que c’est la position assise avec les pantalons je me change pour une tenue plus confortable. Ça ne passe pas, c’est pire, je gèle, je souffre, je peine à respirer… Je demande qu’on me donne quelques choses pour atténuer ma douleur, sa passe pas, on me donne d’autre couverte pour me réchauffer et je demande à l’infirmière si sa va durer longtemps, question stupide, on sait pas… elle me propose la morphine, hors de question je vais attendre et voir. Vers 23 heures, ça va mieux je grelotte un peu mais c’est soutenable, il va y avoir un autre vague c’est sur…

vers 23 heure 25 je vais faire pipi, je vais bien alors on va en profiter pour se soulager! Mauvaise idée, je m’assis et relâche pour faire pipi, ce n’est pas du pipi bébé sort. «bééééé» pas de réponse «BÉBÉ IL SORT» La course au piton d’infirmière. Moi je suis bouché dans salle de bain, je me lève je reste là je fais quoi merde, bon on crispe tout et on sort les culottes baissé, les infirmières et le doc sont là, je m’installe dans le lit «il continue à sortir là» Elles s’installent le plus rapidement possible, au yable les draps du lit il sort là là là. «Tu peux pousser un coup» comment pourquoi que cé??? Ok reprend toi et pousse. Il est sorti, il me demande si je le veux direct en contact peau à peau…. Non je ne peux pas, mettez-le sur moi mais dans un drap, qqch… Il est si petit, je n’ose pas le touché mais mes yeux sont rivé sur ce petit être mort née. Mon chum non plus n’arrive pas à le quitter des yeux, du moment où je suis sorti de la salle de bain, il ne l’a pas quitté. On parle, on le regarde, je ne vois plus un être mort, je vois mon enfant, mon tit gars. «Avez-vous un nom»… on n’en a pas reparlé depuis le préna-test, «Tristan ou Christopher» Christopher en mémoire à Christian, ce petit que ma grand-mère a perdu et Tristan… parce que j’aime ce nom. Mon chum tranche la question.

C’est Tristan St-Cyr, née le 24 avril à 23h28, pesant 3 oz et quelques poussière et mesurant environs 8 pouces. Le doc essaie de sortir le placenta, mais elle n’y arrive pas, elle a tout tentée pour ne pas m’envoyer faire un curetage, elle dit que j’en ai assez vécu comme ça, mais…. Non je n’ai pas assez souffert, on en arrive là. À 3 h30 du mat, il me transporte au bloc opératoire et mon chum ne peut pas venir. Un monsieur m’explique qu’il doit me faire un épidural, il ne peut pas m’endormir puisque j’ai mangé et bu… ils sont 6 ou 7, une dame me demande avec un beau grand sourire «un petit garçon ou une petite fille» je craque, je pleure «un garçon mort, un avortement, un accouchement» mentalement je poursuis, d’un bébé de 17 semaines mais qui avais la grosseur d’un enfant de 14 semaines, il avait déjà presque un mois de retard.

On me vire d’un bord de l’autre place un bras l’autre bras, non il faut qu’il me mette assise pour l’épidural, on m’assit, je capote qu’est-ce qu’ils vont faire, je signe des papiers semi consciente de ce qui se passe, le monsieur me dit que ça va être froid, il désinfecte mon dos. Encore une fois et puis….. rien…. Je me réveille je vois du monde, referme les yeux les rouvre, vois mon masque d’oxygène, un gros drap bleu devant moi. Je referme les yeux. Plus rien il n’y a plus rien qu’une dame qui me transporte ailleurs.

Autre blanc lors du déplacement. Je suis maintenant dans une grande pièce avec un gars et une fille à côté de moi, je ne sens rien. Ah oui c’est vrai j’ai eu un épidural, quand je sais plus j’ai plus de souvenir, je croyais qu’ils ne pouvaient pas m’endormir, ils ont plus d’un tour dans leur sac, ils m’ont drogué, une criss de bonne drogue je ne me souviens de rien.

Ouf c’est fini… Je m’étends et relax un peu, dors une minutes puis réveille ainsi de suite. Finalement je peux manger et aller fumer, ma pression est correct, il est environ 7 heure 30. Elle va être bonne celle là! Chaise roulante, je suis encore gelé et j’ai peine à me tenir mais j’y tien! On mange encore en revenant puis boum, tombe endormis solide, l’infirmière revient à 10 h30 pour mon massage (plutôt destruction du ventre et torture, mais c’est pour mon bien). «madame…… chérie…. Madame…..» bon j’ai fini par me réveillez. «il faut que je fasse ton massage et le pasteur est là» c’est vrai, on a… j’ai choisi de le faire venir pour le bénir, lui souhaiter mieux ailleurs, un monde, quelque chose, quelque part, je sais pas, c’est tout ce que je peux faire pour mon gars. Ils vont chercher le petit, je le prends pour la première fois, il est si petit mais je l’aime c’est mon garçon. Le pasteur fait sa prière, nous jase et fait le signe de croix avec de l’eau et nous temps le bol…. Attente….. pas de réaction….. l’infirmière le fait à son tour. L’agent de pastoralle nous regarde…. Je ne suis pas certaine d’en être capable….. attente….. il nous respecte et attend….. courage va y tu en mourra pas. Je lève les yeux, trempe mon doigt et fait le signe de croix sur le front de mon gars, il est si froid, si fragile, si petit….. mon chum le fait….. moment de silence qui pèse lourd.

C’est terminé, on ne peut plus rien pour lui. Bon le temps passe encore et finalement on peut avoir notre congé d’hôpital à 13 heure on quitte. Quand même sa a bien été, on se sent soulagé d’un énorme fardeau, c’est fait et on quitte les mains vide, pas d’enfant… On retrouve notre cher petit gars
C’est pas encore terminer, il faut appeler la résidence funéraire pour la suite du petit Tristan. On est vendredi, rendez-vous aux résidences funéraire pour choisir l’urne et les signets et les textes etc… c’est dur mais il faut le faire pour Tristan… On choisit une belle prière et une belle pensé pour les signets souvenir et c’est tout… reste à attendre pour récupérer notre petit gars dans sa belle urne bleu, il pourra enfin venir à la maison et vivre avec sa famille

voilà mon histoire, j'avais écrit ce texte que j'ai allégé pour me soulager mais jai besoin de partager et vous faire savoir que vous n'êtes pas les seules, je sympathise avec vous toutes, peut importe les raisons c'est un choix dévastateur qui nous marquera à jamais. Bon courage à toutes les mamans
un ange est né
 
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